RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS EN LUTTE EN ESPAGNE

25/03/2001 BARCELONE : 47 JOURS D'ENCIERRO

ET BEAUCOUP D'AUTRES DE LUTTE

Barcelone : En une semaine, la lutte des sans-papiers s'étend

"L'Espagne adopte une loi restrictive sur l'immigration.

MAUVAISES NOUVELLES D'EL EJIDO

 

RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS EN LUTTE EN ESPAGNE SAMEDI 31 MARS 14 HEURES AMBASSADE D'ESPAGNE 13av. Georges V, M Alma Marceau ou Georges V

Le 18 mars 96, en occupant l'église Saint-Ambroise, des sans-papiers, hommes et femmes, célibataires ou familles , sont sortis de l'ombre où l'économie franaise espérait les maintenir. Exploités non officiels, mais bien réels dans l'agriculture, le bâtiment, l'hôtellerie, la restauration, la maroquinerie, la confection, le nettoyage. La circulaire Chevènement de juin 1997 a été un premier résultat de l'action des sans papiers qui étaient entrés en lutte ; mais aussi chacun le voit, une super arnaque. Car après le fichage de tous ceux qui ont cru que Jospin est plus humain que Juppé , ceux qui ont eu la chance d'obtenir une régularisation ne se sont vus attribuer qu'une vignette d'un an au mieux, et sans aucune garantie de renouvellement. Les régularisés sont donc devenus administrativement des précaires de plein droit. Comment par exemple signer un bail de trois ans quand on ne dispose en vérité que d'un visa d'un an ? Comment ouvrir un compte en banque dans ces conditions ? C'est pourquoi le mot d'ordre réaliste qui puisse unifier largement est DES PAPIERS POUR TOUS PAR CARTE DE 10 ANS. Un des objectifs du gouvernement étant aussi de faire disparatre petit petit, sans le dire, cette carte de résident. Ce qui constituera dans ce cas une pression extraordinaire sur l'ensemble des salariés. Déj 5 ans et toujours l'obligation de lutter pour des papiers. Toujours des dizaines de milliers de sans papiers maintenus volontairement par la Gauche plurielle en situation de main d'ouvre surexploitée et hyper flexible pour le plus grand profit du patronat. Mais un des atouts des sans-papiers, c'est qu'ils sont presque partout dans le monde parce que partout dans le monde, il y a des tres humains victimes de l'économie capitaliste. Et oui ! Les sans-papiers, quoiqu'en disent les gouvernements de droite ou de gauche sont des tres humains avant d'tre des statistiques. Ils souffrent de leur situation mais, surtout, ils réfléchissent, agissent, luttent en ordre dispersé trop souvent, mais cherchent s'organiser pour en finir avec leurs difficultés. Si le mouvement enclenché par l'occupation de Saint-Ambroise puis de Saint-Bernard s'est effiloché en France, en Espagne, la relève du mouvement pour la régularisation de tous les sans-papiers est actuellement en plein essor. C'est aujourd'hui le pays d'Europe où le plus de sans-papiers sont entrés en lutte en mme temps alors qu'il y a déj eu deux opérations de régularisation depuis 97. Des hommes et des femmes originaires de tout le Maghreb, d'Afrique de l' Ouest, d'Amérique du sud, d'Europe centrale, du Bengladesh et du Pakistan occupent ensemble des églises et des facultés, manifestent ensemble pour des papiers pour tous et dirigent eux-mme leur lutte en prenant les décisions dans les assemblées de sans-papiers occupants. C'est contre cette autonomie de décision (et de revendication) que le gouvernement espagnol remet en cause les esquisses de négociations tant que les occupations dureront. Quant au PSOE (P.S. espagnol), il ne demande qu'un aménagement de la nouvelle Loi sur les étrangers mais ne soutient pas les revendications des sans-papiers d 'Espagne. Les Etats européens sont d'accord entre eux pour coordonner leurs politiques contre les étrangers pauvres afin de faire travailler cette partie des exploités aux plus bas salaires possibles, avec les conditions de travail les plus avantageuses pour l'Entreprise Europe. Tous les exploités, tous les sans-papiers, tous celles et ceux qui refusent que la vie de qui que ce soit dépende d'un morceau de papier doivent concrètement tre solidaires les uns des autres.

C'est pourquoi nous appelons manifester le 31 mars, 14 H, devant l'Ambassade d'Espagne.

> Régularisation de tous les sans-papiers par carte de 10 ans

> La liberté de circulation et d'installation

> Egalité des droits

Libération de tous les sans-papiers emprisonnés

> Fermeture des centres de rétention et des "zones d'attente"

> Suppression de la double peine > Arrt immédiat des expulsions et retour des expulsés

> Abrogation de toutes les lois spéciales pour étrangers

  BARCELONE : 47 JOURS D'ENCIERRO ET BEAUCOUP D'AUTRES DE LUTTE

Après 47 jours d'encierro, deux semaines de grève de la faim, une négociation-marathon et près de 63 000 signatures de soutien, le 7 mars dernier, les immigrants/tes sans-papiers qui restaient enfermés/ées (encerrados y encerradas) dans 10 églises de Barcelone et une de Cornellà (commune limitrophe) ont décidé de mettre fin cet acte de protestation, sans pour cela abandonner leur lutte. Les immigrants/tes encerradas y encerrados ont conclu leurs séjours dans les temples avec une marche qui est partie de l'église de Santa Maria del Pi et qui est arrivée jusqu' la Delegacin del Gobierno (Délégation du gouvernement central en Catalogne), où ils ont lu un manifeste revendicatif qui a été postérieurement remis au Parlement de Catalogne, où ce mme jour au matin CIU et PP (Convergència i Uni et Partido Popular, partis de droite respectivement au pouvoir dans les gouvernements catalan et espagnol) avaient refusé de présenter un recours d'inconstitutionnalité contre la Ley de Extranjera (actuelle loi qui régie l'entrée et le séjour des étrangers en Espagne). Le 8 mars, des représentants des immigrés/ées encerradas y encerrados ont signé l'accord convenu avec la Delegacin del Gobierno. Grâce cette lutte, elles et ils ont réussi arracher de cette délégation les engagements de réviser avec des critères " les plus amples possibles " les demandes rejetées lors du dernier processus extraordinaire de régularisation, de considérer la régularisation de toutes les personnes arrivées en Espagne avant le 24 mars qui possèdent une offre d'emploi et d'accorder des titres de séjour provisoires spéciaux pour circonstances humanitaires et/ou exceptionnelles et/ou d'insertion, le tout dans un délai maximum de 60 jours. Avec ces critères, un groupe composé par des personnes qui soutenaient la lutte et par des avocats et des avocates, s'est occupé des dossiers des immigrants/tes encerradas y encerrados pour pouvoir les remettre la Subdelegacin delGobierno. Une fois remis, cette subdélégation a fourni aux immigrants/tes un bon de dépôt avec un cachet qui permet de prouver la démarche en question et empche l'expulsion tant que leur demande n'a pas reu une réponse définitive, mais qui n'offre aucune garantie sur le résultat final. Il est important de rappeler qu'une des conditions posée par les encerradas y encerrados pour finir avec les encierros était d'tre en possession de ce bon de dépôt, et que malgré que toutes et tous ne l'aie pas, elles et ils ont décidé de quitter les églises tout en faisant confiance au pacte accordé avec la Delegacion del Gobierno et en étant conscients/tes que les démarches devraient se finir en quelques jours. En ce moment, tous et toutes les immigrés/ées qui ont lutté dans les encierros devraient avoir ce bon de dépôt. Cependant, nous ne devons pas oublier que ce document n'est qu'une protection provisoire contre l'expulsion, mais ne garanti pas que toutes les personnes qui le possèdent seront régularisées automatiquement. Après la signature de l'accord, il s'est constitué une commission de suivi du pacte composée par des représentants de l'administration centrale, représentants des immigrés/ées, les syndicats CC OO et UGT (équivalent la CFDT et la CGT), les associations Càritas, Croix Rouge et ACSAR (asso d'aide aux réfugiées) et l'archevché, mais c'est nous toutes et tous de garantir son accomplissement. C'est nous toutes et tous de continuer revendiquer le respect et l'égalité des droits, car la lutte des immigrés/ées encerrados y encerradas Barcelone et dans beaucoup d'autres villes d'Espagne s'inscrit dans une lutte long terme qui ne connat pas de frontières.

LA LUTTE AU NIVEAU NATIONAL

L' entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l' immigration, le 23 janvier, a été suivie, dans tout le territoire espagnol, de nombreuses occupations par les sans-papiers qui réclament la régularisation de leur situation et l'abrogation de cette loi raciste imposée par l'actuel gouvernement du Parti Populaire. Si Barcelone a été le principal foyer de lutte de par le nombre de personnes occupant les églises et le fort tissu social soutenant ce mouvement, les occupations, les mobilisations et les actions se sont étendues dans tout le pays créant ainsi un climat social de lutte niveau national qui ne s'était jamais vu sur le thème de l'immigration. Valence, Murcia, Lepe, Madrid, Burgos, Almeria, parmi d'autres villes, sont actuellement les scènes de cette lutte pour obtenir des papiers pour toutes et tous. Une attention particulière doit tre portée la lutte des compagnons/gnes immigrés/ées d'Almeria étant donnée la situation extrme de racisme social et institutionnalisé laquelle sont confrontés chaque jour les travailleurs/ses sans-papiers de la région. Malgré ce dur climat, ces derniers ont occupé et continuent d'occuper l'Université d'Almeria. Cette occupation montre, comme toutes les autres, que la répression continuelle menée par le pouvoir politique, et tenue en silence par les médias, ne parvient pas déstabiliser la lutte pour la dignité de toutes les personnes, qui devient chaque jour plus forte. Les actions répressives contre l'occupation de l'Université Almeria, sont en elles mme très graves et le degré de gravité s'accentue encore plus lorsque l'on sait que cette répression s'effectue au sein mme de l'Université par ses propres agents de sécurité sur les ordres du vice-recteur Pedro Molina. Suivent maintenant quelques tristes exemples de cette répression : - Un compagnon a été agressé par un groupe de vigiles (guardias jurado) . Il a des blessures et des marques de coups au cou ; il a également reu des menaces de mort de la part d'un des vigiles qui lui a aussi dit qu'il allait " rentrer dans une caisse au Maroc ". - Deux compagnons ont été interpellés: ils sont accusés d'avoir agressé des gardes de sécurité. Il n'y a pas de preuves ni de témoins de l'agression et le seul comportement " violent " de ces compagnons fut d'exiger qu'on leur permette de remettre de la nourriture aux personnes occupant l'Université. Leur second " crime " serait d'avoir tenté d'introduire du pain par les fentres ouvertes. Comme par hasard ces agressions n' ont pas été retransmises par Canal Sur qui a pourtant enregistré tout le conflit ! - Un compagnon a été menacé d'expulsion pour le simple motif d'tre " sans gne " et le vice recteur Pedro Molina de soutenir cette pure injustice en affirmant " qu'on prenne une photo de lui et qu'on l'expulse ". Le pauvre aspirant- dictateur en avait marre d'tre traité de " criminel " et d'" assassin " pour interdire l'entrée de nourriture. - Les membres de l'Assemblée des étudiants qui soutiennent les personnes occupant l'Université sont continuellement photographié(e)s par un fonctionnaire qui travaille au sein de la faculté et qui affirme ne rien savoir sur l'utilisation de ces photos. La situation s'aggrave de jour en jour, la présence policière est constante. Il ne serait pas étonnant qu'il se produise des incidents de gravité majeure au bouclage de ce texte. Pour revenir sur la lutte au niveau national, il faut souligner la création d'une Coordination Nationale des Immigrés avec et sans- papiers née la suite des diverses rencontres qui ont eu lieu Barcelone, Valence et Murcia. Cette coordination sert de lien entre tous les mouvements et s'est chargée de convoquer la MARCHE A MADRID effectuée du jeudi 15 au dimanche 18 Mars, jour où elle s'est conclue par une grande manifestation Madrid et un festival le 21 mars (pour plus d'informations, consulter la Web : http://www.nodo50.org/racismo/). Au long du parcours, des propositions de Désobéissance Civile ont été remises aux mairies des villes traversées, dont de nombreuses appuient cette campagne et ont décidé de parrainer les étrangers sans papiers et de permettre aux étrangers l'accès aux prestations sociales indépendamment de leur situation administrative et dans les mmes conditions que les " nationaux ". A cette campagne s'ajoute également la remise massive de DNIs (titres d'identités) la subdélégation du gouvernement ainsi que des auto inculpations mentionnant " je suis coupable de promouvoir l'adhésion une association, de promouvoir la syndicalisation, de favoriser le transport et de faciliter l'accueil de personnes immigrées sans-papiers ". Pour plus d'information sur cette campagne : tel (932179527) / (934161026) ou la web : http://desobedienciacivil.pangea.org

AUCUNE FEMME N'EST ILLEGALE ! NOUS, FEMMES IMMIGREES, CONTINUONS LA LUTTE !

Différents motifs nous poussent, nous, les femmes émigrer : parce que nous voulons vivre dans des pays politiquement et économiquement plus stables, pour connatre d'autres horizons, pour les études, par amour, pour pouvoir décider librement de notre vie sexuelle, ou simplement parce que nous en avons envie. Cependant, la plupart d'entre nous émigrons pour des raisons économiques. La " féminisation de la pauvreté " nous a contraint prendre en charge nos familles dans nos pays d'origine et émigrer dans les pays du Nord où existe une demande de notre force de travail. Nous savons que les pays riches continuent de déterminer la vie des habitants/tes du Sud. Ils n'ont plus besoin de nous envahir par des guerres coloniales ; ce sont maintenant les organismes financiers internationaux qui mènent leur guerre, dévastant nos économies précaires. On parle actuellement du " problème de l'immigration " alors que ce phénomène a toujours existé, et l'on édifie de grandes forteresses contre les migrations. Des forteresses la fois physiques et idéologiques. Nous, les femmes immigrées, conscientes de nos potentialités, remettons en question un système qui condamne l'illégalité les personnes pour leur nationalité, leur culture ou la couleur de leur peau et qui exerce de nombreuses violences sur les femmes en général, et sur les femmes immigrées en particulier. C'est pour cela que nous continuons fermement la lutte pour la régularisation de notre situation, parce que la condamnation la clandestinité est une violence. Nous demandons toute les femmes et toute la société civile en général de rassembler nos efforts pour ne pas tre complices d'une société qui nie les droits fondamentaux aux immigrés/ées. Parce que sans les droits des femmes, il n'y a pas de droits humains.

LA MEILLEURE LEY DE ESTRANJERA EST CELLE QUI N'EXISTE PAS AUCUN TRE HUMAIN N'EST ILLéGAL PAPIERS, TRAVAIL ET LOGEMENT POUR TOUTES ET TOUS

La Ley de Extranjera (loi qui régie l'entrée et le séjour des étrangers en Espagne), fille de Schengen et autres accords internationaux signés pour la globalisation des contrôles des flux migratoires (frontières intérieures et extérieures), a comme conséquence la précarisation des travailleurs/ses immigrés/ées intérimaires pose de gros obstacles l'entrée et la protection des réfugiés/ées, en mme temps qu'elle consolide la construction de l'Europe forteresse, raciste et non solidaire, qui permet la circulation de biens et capitaux, mais qui pose des barbelés électrifiés pour fermer ses frontières la libre circulation des personnes, fomentant ainsi l'économie informelle et l'apparition de mafias qui s'enrichissent grâce une Loi, machine constante " fabriquer des sans-papiers ". Une Loi génocide, coupable des innombrables morts dans le Détroit de Gibraltar et de convertir en " cloaques humains " les villes de Ceuta et Melilla. Une Loi qui condamne la clandestinité des milliers de personnes, treveilleuses et travailleurs sans droits, sans défenses face l'arbitraire des fonctionaires, polices et entrepreneurs ; des travailleuses et travailleurs qui se sont vus obligés d'émigrer cause de problèmes économiques, politiques et sociaux, et qui, une fois ici et sans-papiers, se voient obligés de vivre entassés, dans des conditions d'esclavage, supportant tous types d'abus, surtout quand on est une femme, stygmatisés/ées comme délinquants et courant le risque permanent d'tre détenus dans des centres de rétention où sont violés tous les droits, jusqu' finalement tre expulsés sans avoir commis aucun délit, seulement pour les fait de ne pas avoir de papiers, c'est dire, cause d'une situation administrative " irrégulière ". Les promesses actuelles de régularisation arrachées par les encerradas y encerrados sont le produit de leur lutte pour défendre les droits élémentaires de n'importe quel tre humain, sérieusement menacés par la Ley de Extranjera , qui atteint non seulement les libertés fondamentales des personnes immigrées, mais aussi celles des autochtones, puiqu'elle criminalise la solidarité et divise la société entre personnes de première et de deuxième classe. Le chômage, la pauvreté et la marginalité sont le résultat de la globalisation économique et non du phénomène migratoire. L'immigration n'est pas le problème, le problème c'est le système capitaliste et les politiques néolibérales, imposées par le FMI, qui augmentent les inégalitées et favorisent l'exploitation des travailleuses et travailleurs, tant étrangers/ères que nationaux. Pour cette raison, est importante l'union de la force et des rèves des différentes personnes et mouvements sociaux pour lutter contre cette situation et construire un monde plus juste, basé sur la liberté, la solidarité et le respect entre les personnes et les cultures, avec une distribution équitable de la richesse et des ressources. _____________________________________________ ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers * abonnement : envoyer a zpajol-request@ada.eu.org un message dont le Subject: est subscribe * desabonnement : envoyer a zpajol-request@ada.eu.org un message dont le Subject: est unsubscribe mot_de_passe (votre mot de passe vous est envoye par mail quand vous vous abonnez) * messages recents, archives, abonnement/desabonnement via le web a

http://atlas.bok.net/zpajol/

 "L'Espagne adopte une loi restrictive sur l'immigration.

Après un long marathon politico-juridique non exempt de controverses, le Sénat a approuvé, dans la nuit du jeudi 14 décembre, la loi sur l'immigration, plus restrictive, voulue par le gouvernement de centre droit de José Maria Aznar. L'opposition socialiste n'a pas voté ce texte qui, selon elle, dénie certains droits aux immigrants sans papiers. Le vote de cette loi intervient à un moment particulièrement critique en Espagne, devenue la "porte Sud" de l'immigration clandestine en Europe.
Le bilan de ces arrivées massives de clandestins venus d'Afrique du Nord est à présent connu pour l'an 2000: 55 d'entre eux se sont noyés en tentant de traverser le détroit de Gibraltar dans des embarcations de fortune, et 15000 ont été arrêtés, soit quatre fois plus qu'en 1999.

Barcelone : En une semaine, la lutte des sans-papiers s'étend


"Barcelone va se transformer en un foyer d'immigration illégale", telle est la présentation faite par le gouvernement central de la lutte menée par les sans-papiers depuis une semaine à Barcelone.
La réalité est que Barcelone est devenu un foyer de lutte des sans-papiers poussés dans la clandestinité par les législations successives. Et c'est bien ce qui gêne le gouvernement : la visibilité que se donnent ceux qu'il voulait clandestins. Ca ne vous rappelle rien?
La réalité est que Barcelone a été transformée en plus "grand foyer d'immigration illégale" par le même gouvernement : plus de 70% des demandes de régularisation y ont été refusées (le plus grand pourcentage de refus en Espagne). Soit 35000 personnes. Auxquelles s'ajoutent ceux qui ont décidé de ne pas rentrer dans le processus de régularisation (sachant qu'ils ne rentraient pas dans les critères) et ceux arrivés depuis juillet 2000 (date de clôture du processus).
La réalité est que, s'ajoutant à d'autres luttes entreprises dans une dizaine de villes espagnoles, depuis le 20 janvier Barcelone est devenu le plus gros foyer de sans-papiers refusant cette illégalité forcée. Et qui se battent pour la régularisation de TOUS les sans-papiers. Le 20 janvier plus de 350 sans-papiers, d'origines diverses, s'enfermaient dans l'Eglise Santa Maria del Pi de Barcelone. 328 d'entre eux y entamaient le même jour une grève de la faim illimitée. Au 27 janvier le nombre d'églises occupées s'élevait à 7, soit une par jour ! Le nombre de sans-papiers est passé à 700 dont 500 en grève de la faim. La lutte prend une ampleur exceptionnelle et c'est ce qui fait peur au gouvernement.
Et le soutien de la population est sur la même pente ascendante. Plus de 10000 signatures de soutien, réclamant la régularisation de tous les sans-papiers, ont déjà été collectées. La population amène le matériel nécessaire (eau, couvertures, matelas...) de manière spontanée. Le 26 janvier, une manifestation de 5000 personnes défilait à Barcelone (soit la plus grosse jamais vue sur ce thème dans cette ville) pour exprimer son soutien. Et c'est aussi ce qui fait peur au gouvernement.
Depuis le début, la couverture médiatique est intense et les prises de position publiques de la part de personnalités se multiplient. Et c'est aussi ce qui fait peur au gouvernement.


Ca ne vous rappelle rien?


Le gouvernement espagnol en question est composé en majorité absolue par le Parti Populaire (droite conservatrice-libérale) qui a fait de la "lutte contre l'immigration clandestine" un de ses pricipaux chevaux de bataille, avec un discours très répressif, qui s'est concrétisé par une nouvelle loi sur les étrangers (Ley de Extranjeria) entrée en vigueur le 23 janvier 2001. Le discours répressif du P.P. était en phase avec la population tant que les sans-papiers étaient dans la clandestinité, avec tous les clichés que cette situation engendre dans l'imaginaire collectif.
La sortie de l'ombre des sans-papiers taille une brèche dans ce doux consensus xénophobe, et commence à déstabiliser trés fortement un gouvernement déjà affaibli sur d'autres fronts. Ca ne vous rappelle rien?
Le gouvernement a donc, depuis le début de cette lutte, changé de stratégie pour tenter de maîtriser la situation. Le discours ultra répressif ("30000 personnes seront expulsées dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi") a cédé la place à un discours "humano-responsable" ("nous ne ferons pas la chasse aux clandestins, nous n'expulserons que les délinquants"). Une tactique qui tout en discréditant le mouvement ("réclamer la régularisation de tous est maximaliste et démagogique"), sous couvert de l'habituel pseudo-réalisme, tente de montrer qu'elle est prête à négocier en proposant de réviser certains dossiers déboutés. Ca ne vous rappelle rien?
Il y a eu pour l'instant deux propositions de négociation faites aux sans-papiers : l'une de médiation avec le gouvernement central effectuée par le gouvernement catalan, la deuxième faite directement par le gouvernement espagnol après l'échec de la première. Les sans-papiers ont refusé ces deux propositions avec comme principaux motifs: refus que l'arrêt de la grève de la faim et des occupations soit un préalable aux négociations , refus d'une régularisation partielle (la proposition ayant été dans les deux cas de réviser, ce sans garantie de régularisation, entre 12000 et 15000 demandes déboutées). Suite à ces deux propositions, les sans-papiers travaillent depuis trois jours à élaborer leurs propres critères de négociation.
La capacité des sans-papiers à rester sur leur position initiale va maintenant dépendre du rapport de force, sachant qu'ils sont en grève de la faim pour la plupart (se déroulant dans des conditions inadéquates) et que la fatigue physique et psychologique gagne du terrain. L'importance du soutien va donc être un facteur important.
Sachant, qu'il y a en plus, sous couvert de soutien, une tentative de récupération du mouvement sur le côté gauche de l'échiquier politique. Il n'existait, en effet, au début qu'une plateforme de soutien composée d'individus réunis sur la base de la régularisation de tous les sans-papiers (la plateforme de soutien aux sans-papiers). Or, une deuxième plateforme, pour l'instant non impliquée directement dans la lutte menée par les sans-papiers, vient de se constituer et regroupe partis de gauche et organisations proches (CCOO, équivalent de la CFDT, UGT, équivalent de la CGT, SOS Racisme etc...). Leur stratégie est de canaliser la lutte dans un intérêt politique qui leur est propre : affaiblir le gouvernement en vue des prochaines et maîtriser le mouvement, qui tel quel échappe aux critères définis par cette même gauche. Cela se traduit par des attaques très prononcées contre les côtés ultra réactionnaires de la nouvelle loi (négation du droit des sans-papiers à se réunir, à manifester, à se syndiquer, à se constituer en collectifs...) pour masquer son consensus sur l'ensemble de la loi, par la demande d'abandon des actions de grève de la faim et d'occupations, par la demande d'abandon de la revendication de régularisation globale. Ca ne vous rappelle rien?
Une solidarité internationale pourrait avoir un poids important tant pour tisser des liens entre les luttes au niveau européen que pour faire pression sur le gouvernement espagnol.
Ainsi, si des collectifs de sans-papiers, des groupes, individus... pouvaient envoyer messages de soutien, faire pression sur le gouvernement espagnol, aviser la presse nationale et internationale et autres idées...
Plus d'infos à suivre. Faites tourner.

kebab@altern.org

Barcelone, le 28/01

 

MAUVAISES NOUVELLES D'EL EJIDO

Il nous est arrive de terribles nouvelles d'El Ejido : la police locale est en train de fermer TOUS les lieux de rencontre et d'organisation des immigre-e-s maghrebin-e-s : cafeterias et locaux qui servent de siege pour les assemblees, reunions et rencontres informelles et pour la diffusion d'idees et d'initiatives. Les menaces n'ont pas manque aussi. Une nouvelle preuve que les attaques racistes qui se sont déroulees a partir du 5fevrier ne devaient en rien a la spontaneite mais plus directement organisees et patronnees par les autorites locales. Pour le moment c'est tout ce que les membres du Conseil des Immigre-e-s Maghrebin-e-s ont pu nous dire par telephone. A partir de la, il y un appel pour diffuser cette info par tous les moyens possibles et surtout a tous les groupes avec une quelconque capacite organisationnelle pour repondre face a cette nouvelle offensive fasciste contre l'auto-organisation des immigre-e-s a El Ejido.

CSO El Laboratorio 21/5/00

D AUTRES INFOS SUR LA LUTTE DES SANS PAPAIERS ESPAGNOLS

(en castillan)

http://www.sindominio.net/sinpapeles/

http://www.nodo50.org/llar/sosracismu/index.php

(en français le site de no pasaran)

http://www.samizdat.net/sansfrontieres/index.html

 

EXPULSIONS = ASSASSINATS

recueil de textes sur la lutte des sans papiers sur le site d'Infosuds