SOUTIEN AUX GREVISTES DE LA FAIM

OUVRONS LA FORTERESSE EUROPE
DES PAPIERS POUR TOUS-TES

Apres 1 mois de grêve, les grévistes de la faim kurdes arrêtent.

La Grve de la Faim a durŽ 31 jours Obtenu : 5 rŽgularisations (3 grŽvistes plus 2 femmes qui les accompagnaient), 14 rŽcŽpissŽs de 3 mois avec droit au travail et un rŽexamen de leur dossier par l'OFPRA, le 18ime a ŽtŽ rŽgularisŽ par dŽcision du Tribunal Admistratif. Pour s'assurer que ces 14 personnes voient bien leur rŽcŽpissŽ se transformer en rŽgularisation, le comitŽ de soutien va faire avec la Cimade le suivi des dossiers et des situations de chacun.

Communiqué du 19 mars 2001; Montpellier 29e Jour de grève de la faim, quatre hospitalisations, faut-il attendre une mort pour une mobilisation importante, une réaction significative???? Solidarité avec tous ceux qui luttent pour leur droit, plus particulièrement aux autres grévistes de la faim, Félicia, et le groupe de Lyon.

LES GREVISTES:.

- Qui sont-ils?

Le mouvement concerne vingt personnes, dix huit hommes et deux femmes. Seuls les hommes sont en grève de la faim. Les femmes ne peuvent pas participer à cette grève l'une pour des raison de santé, l'autre femme d'un des grévistes s'occupe de leurs deux enfants. On peut les répartir en deux tranches d'‰ge: de 18 à 30 ans et de 30 à 46 ans. Ils ont tous fui la Turquie pour des raisons similaires: en tant que Kurdes. Ils ont subi des violences policières: emprisonnements arbitraires, tortures, pressions sur eux ou sur leur famille. Ils étaient victimes d'actes racistes, injures publiques, destruction de leurs biens, refus d'inscription à l'université. Certains ont fui aussi l'incorporation obligatoire dans l'armée Turque. Plusieurs d'entre eux se sont engagés dans des mouvements ou ont participé à des manifestations pour réclamer l'application des droits de l'homme pour le peuple Kurde. Ils savent qu'ils ne peuvent pas actuellement retourner en Turquie, ils seraient accusés de propagande anti-turc, et risqueraient d'tre emprisonnés et torturés. Ils ont tous de la famille au Kurdistan, tous aimeraient retourner vivre dans leur pays. Mais les conditions de vie ne sont pas acceptables pour les Kurdes en Turquie. Ils sont venus en France pour demander la protection de l'Etat Franais et espéraient obtenir l'asile politique, ils ne comprennent pas que cela leur soit refusé. La France est à leurs yeux un pays démocratique, qui respecte les droits de l'homme. Ils commencent à en douterÉ

Leur témoignage

" Sur ma carte d'identité turque il y avait une marque rouge: a voulait dire que j'étais Kurde. Quand les gens voyaient a, ils me traitaient différemment. Et quand la police faisait des contr™les d'identités j'étais battu et insulté, à cause de cette marque rouge. O que j'aille, j'étais en danger d'tre persécuté." " J'étais commerant, et la police me souponnait de ravitailler les guérilleros je subissais souvent des pressions, parfois j'étais insulté, voire parfois violemment battu. A force, je n'en pouvais plus de vivre sous tension, j'ai fermé le magasin et je suis parti."

" J'étais berger, j'étais souvent dans la montagne, à cause de a la police m'a accusé d'aider les guérilleros du PKK, et de leur apporter de la nourriture et des informations, ce qui n'était pas vrai. Ils ne voulaient pas me croire et me menaaient sans arrt de m'emprisonner si je ne leur avouais pas tout ce que je savais. Mais je ne savais rien. Ils m'ont arrté une fois , et torturé. Ils revenaient souvent, pour me battre et m'insulter, pour m'humilier devant tout le village."

" J'étais pris dans le problème politique de ma région, malgré moi. J'étais menacé par la police, parce que plusieurs de mes amis d'enfance s'étaient engagés au PKK. La police m'accusait de les aider et de les soutenir: Ils voulaient que je parte de chez moi et ont fini par me chasser, par m'obliger à m'exiler de mon village."

" En 1987, il y a eu une grande opération militaire et ils ont arrté plusieurs hommes, sous prétexte que nous étions des sympathisants du PKK. Ils nous ont rel‰chés au bout d'un mois, après nous avoir torturé plusieurs fois. Peu de temps après notre retour au village, les militaires Turcs sont revenus et nous ont forcé à quitter notre village, à tout abandonner."

" Ma famille a toujours été engagée dans la lutte du peuple Kurde pour la reconnaissance de ses droits et, après le coup d'état de 1980, elle a été une cible particulière des militaires qui cloisonnaient notre région. C'est pour a que, sous la pression des autorités, nous avons finalement été contraints de quitter ,notre village et de nous installer à Elazig. Parce que mon frère a”né avait disparu et que la police le souponnait d'avoir rejoint le PKK, mon autre frère et moi avons été arrtés et torturés plusieurs fois. (É) Il n'est pas possible de raconter tout ce que j'ai vécu, mais je peux dire que cette torture était insoutenable "

" Toute mon enfance a été marquée par cette appartenance au peuple Kurde et c'est naturellement que je me suis engagé dans cette lutte. Je transportais souvent des militants et les ravitaillais en nourriture ou en vtements régulièrement. J'ai été souvent mis en garde à vue sur dénonciation, mais la police était obligée de me rel‰cher car elle n'avait pas de preuve. Je résistais à la torture et niais tout à chaque fois. Un jour ils ont trouvé des preuves. J'ai été prévenu à temps et j'ai pu m'enfuir." " Je travaillais pour l'HADEP ( Parti de la Démocratie du Peuple), pour cela la police m'a arrté 7 ou 8 fois. J'ai passé plusieurs jours en prison et j'ai été torturé, physiquement et psychologiquement. J'avais peur. Quand on ma annoncé qu'il fallait que je parte au service militaire, j'ai décidé de m'enfuir. Je ne voulais pas faire la guerre contre mes frères."

" Je devais faire le service militaire obligatoire: les Kurdes comme moi ils les mettent en première ligne et les obligent à se battre contre les autres Kurdes. Moi, je ne veux tuer personne, je ne veux pas non plus mourir comme a."

" J'avais des membres de ma famille en France c'est pour a que je suis venu ici. Toutes mes économie y sont passées. " " Je suis venu en France parce que c'est un pays démocratique, c'est écrit sur la monnaie. Mais je n'ai pas obtenu la protection que j'étais venu chercher."

" J'ai décidé de m'exiler vers un pays démocratique, en attendant que les droits des Kurdes puissent un jour tre reconnus. " " En Turquie je n'avais pas de liberté, c'est pourquoi je suis venu ici. Mais ici c'est pareil, car je n'ai pas de papier." " Mme ici j'ai toujours peur. Toutes mes demandes à l'OFPRA ont été refusées. Je ne veux pas retourner en Turquie, je ne veux pas risquer ma vie encore une fois, je ne veux pas aller me battre contre mon peuple."

" La France ne veut pas comprendre qu'en nous renvoyant en Turquie , elle nous condamne à la torture et à la prison, parfois à la mort pour ceux qui n'y résistent pas. Je suis toujours recherché là-bas. " " J'ai fait toutes les démarches pour obtenir le statut de réfugié ou l'asile territorial. Toutes ont échoué, parce que je ne peux pas prouver que j'ai été persécuté, par un document officiel. Mais est-ce qu'ils croient ( l'OFPRA, l Etat Franais ) que la Turquie va avouer nous avoir torturé pendant ces années?"

" On m'a demandé des preuves, des documents: comment se les procurer? Dois-je aller demander au gendarme d'écrire sur une feuille qu'il m'a battu? "

" Je ne veux pas à tout prix vivre en, France, mais j'ai des droits ici, si je ne peux pas les prendre, que la France résolve le problème des Kurdes. S'il n'y avait pas la guerre en Turquie, je ne serais pas ici. Je n'aurais pas quitté ma patrie." " Moi je veux juste rester tranquillement en France. Je veux marcher comme les Franais, libre, partout, sans avoir peur. On a le droit des hommes nous aussi. " Je fais cette grève de la faim car je n'ai pas le choix. Je ne veux pas mourir, mais le pire serait encore de retourner en Turquie. Je suis ici depuis sept ans et c'est comme si je n'existais pas. Je suis un homme, moi aussi, et j'ai des droits. Ils doivent tre respectés. " " Si je fais cette grève de la faim, c'est parce que je ne retournerais sous aucun prétexte dans cet enfer. La France est le pays des Droits de l'Homme, et l'asile politique en est un. Je continuerais cette action jusqu'à ce que nous obtenions l'assurance que nous pourrons enfin vivre dans la paix et la dignité, comme des tres humains. "

" Cette grève de la faim est mon dernier espoir de faire entendre mes droits d'tre humain. Je veux vivre comme tout le monde, ne plus avoir peur et pouvoir un jour rentrer dans mon pays sans craindre pour ma vie. "

" Avec treize autres personnes, nous avons été conduits par la police (franaise) à l'aéroport et expulsés vers la Turquie. En arrivant à Istanbul, nous avons été immédiatement emprisonnés et torturés pendant dix jours. Les policiers (turcs) nous accusaient d'tre aller en Europe pour faire de la propagande contre la Turquie."

LA LUTTE CONTINUE

Communiqué du dimanche 11 mars 2001 makach@voilà.fr

Retour sur la semaine du 05 au 11 mars 01

21é jour de grève de la faim

L'état de santé des grévistes se détériore de jour en jour, ils restent de plus en plus souvent allongés. Mais le moral est bon. Ils apprécient les lettres de soutien des différents groupes et individus. Ils sont solidaires de la lutte de Félicia et des grévistes de Lyon. Cette semaine José Bové est venu marquer par sa présence son soutien à leur lutte. Jeudi 08 mars, des représentants de l'O.M.I. de Marseille sont passés à la maison des tiers monde où les grévistes sont installés. Aucune proposition intéressante ne leur a été faite. Vendredi 9 mars. La préfecture, après avoir reu hier, jeudi 8 mars, des interlocuteurs qui n'en avait pas fait la demande - le conseil économique et social de la région avait simplement appuyé notre demande d'entrevue auprès du préfet - celle-ci a enfin dénié recevoir une délégation composée de 2 grévistes de la faim, un interprète (un jeune turc solidaire), et 2 personnes du comité de soutien. Ce n'était pas le préfet, mais Monsieur Jeanjean et madame Pellegrin ( secrétaire général et directrice du service des étrangers de la préfecture) Ils leur sera maintenu que le préfet était prt à réexaminer tous les dossiers individuellement au titre humanitaire. La préfecture à la demande des représentant des grévistes ne pourra définir clairement les termes d'un règlement humanitaire. Celle-ci ira jusqu'à les accuser d'outrepasser leurs droit en effectuant une grève de la faim (sic). Et laissera planer une menace si ils n'acceptaient pas un règlement au cas par cas. Les grévistes maintiendront leur demande d'un règlement collectif et politique de leur situation. Le cas par cas on n'en veut pas. C'est un droit qui existe pour tous les immigrés et dont ils ont déjà usés. Après 1h30 de discussion, les représentants de la préfecture conviendront eux-mmes que cela n'était pas de leur ressort. En tant que personnels administratifs, (aussi haut placés soient-ils) ils ne pouvaient que proposer un examen des dossiers les uns après les autres. Et c'est bien parce que cela n'a pas abouti que ces 20 kurdes demandent aujourd'hui une régularisation à titre politique et humanitaire que seul le préfet ou le ministre de l'intérieur peut accorder. Ils écrivent aujourd'hui au préfet pour avoir des précisions sur ses propositions. En fin d'après-midi l'évque de Montpellier, Mgr Ricard rend visite aux grévistes. Signataire du communiqué des évques franais sur la situations des non expulsables il déclare dans ce mme sens le cas des grévistes kurdes intolérable. Au cours de la semaine, la mobilisation a augmenté. Samedi nous étions 500 à manifester devant la préfecture, pour ensuite se rendre sur la Comédie où les représentants des partis politiques, organisations, syndicats ont pu prendre la parole. Jacques Gaillot était présent à cette manifestation, il a aussi rendu visite aux grévistes qui ont apprécié sa présence à leur coté. Il s'est engagé à porter l' "appel urgent à la mobilisation", auprès de l'église catholique. Sont intervenus: Le comité de soutien, G. Guyot, la Maison des Tiers-mondes; L. Galissaire, les parrains et marraines 34; M. Meunier, les Verts; Y. Marchand, SNESUP; D. Hermet, LCR; A. Dogan, CRADHOM; F. Viguié,G10; M-Cl. Fesquet, PCF; M. Ricordeau, FA; J. Garcin, Comité Mumia; J-J. Gandini, LDH; Mrg Gaillot; Cardonnelle, dominicains cette dernière intervention était touchante et très appréciée. Nous avons à ce jour plus de 6000 signatures de soutien.

CONTINUEZ A MANIFESTER VOTRE SOUTIEN AUPRES DES GREVISTES ILS EN ONT BESOIN. La lutte continue: L'APPEL URGENT A LA MOBILISATION, nous lanons une mobilisation au plan national. Vous pouvez trouver cet appel sur le site ou sur pajol.

Rendez-vous: - tous les soirs en semaine à partir de 18h devant la préfecture de Montpellier, pour un rassemblement.

- Samedi manifestation sur la place de la Comédie, départ à 14h30 maison des tiers-monde et de la solidarité internationale 27 bd Louis Blanc. Vous pouvez leur faxer une lettre de soutien au 04.67.79.34.60 ou un mail: makach@voilà.fr Des articles de presse, pétition, infos sur le site: http://www.chez.com/copamar34/Kurdes.html

Communiqué des 18 grévistes de la faim kurdes de Montpellier Montpellier

A la Maison du Tiers-Monde (2ème jour de grève) Nous sommes kurdes. En Turquie sévit une sale guerre (psychologique, médiatique et militaire) contre les kurdes. Pour ces raisons, il est impossible de vivre dans notre propre pays. En Turquie, les droits de l'homme ne sont pas appliqués. Certains d'entre nous péérissent déjà par les armes et nous ne voulons pas les uns après les autres tre exterminés. Nous avons donc choisi de venir en France où nous avons demandé le refuge politique. Lorsqu'il nous a été refusé, nous avons entrepris toutes les démarches possibles auprès de l'administration franaise afin de régulariser notre situation. Nous avons très mal vécu ces refus injustifiés d'autant que nous ne pouvons absolument pas retourner en Turquie. Nous avons donc entamé une grève de la faim qui est notre dernière solution. Maintenant nous attendons des réponses de l'administration à nos demandes et réclamons une protection de l'état franais sous quelque forme que ce soit pour préserver notre sécurité. Nous attendons aussi des soutiens du peuple franais, de toutes les personnes, associations et organisations qui sont prts à nous soutenir dans notre lutte. Nous irons jusqu'au bout pour obtenir des résultats. Contact téléphonique : 06 88 86 43 85 (Dogan) Communiqué du collectif de soutien aux grévistes Nous organisons une réunion le jeudi 22 février à 18H à la Maison des Tiers-Monde et de la solidarité internationale pour élargir le soutien aux 18 grévistes. Nous vous invitons à nous rejoindre le samedi 24 février à 15H à la Maison des Tiers-Monde et de la solidarité internationale pour participer à une action publique.

Contact téléphonique : 06 70 26 76 63 (Suzana, Olivier) Les grévistes et le collectif de soutien vous invitent à des rencontres quotidiennes afin de manifester votre solidarité à la Maison des Tiers-mondeé et de la solidarité internationale au 27 Boulevard Louis Blanc à Montpellier.

Le collectif de soutien Rassemblement et Prises de position publiques des organisations politiques, syndicales et associatives Rendez-vous à la Maison des Tiers-Mondes et de la Solidarité Internationale 27 Bd Louis Blanc à Montpellier Le samedi 10 mars à 14H30

Contact grévistes : (Rép./fax) : 04 67 79 34 60 Contact collectif soutien : 06 70 26 76 63 mail makach@voila.fr

Site infos : http://www.chez.com/copamar34/kurdes.html

Vous pouvez manifester votre solidarité en émettant un don à l'ordre de : CCP MDPL 3313485E La Source en précisant au dos "soutien financier destiné aux grévistes de la faim kurdes" Rejoignez le collectif de soutien aux grévistes de la faim


EXPULSIONS = ASSASSINATS

recueil de textes sur la lutte des sans papiers