Tania, une jeune chilienne en grève de la faim pour rester en France par Mie KOHIYAMA LYON, 22 mars

Tania Valenzuela, une Chilienne de 21 ans, née en France, poursuivait jeudi une grève de la faim pour tenter d'obtenir, comme six autres "sans papier", sa régularisation. Il s'agit de trois Algériens, de deux Marocains et d'un Tunisien qui, comme Tania, sont hébergés dans un centre de Villeurbanne (Rh™ne) et ne s'alimentent plus, depuis 25 jours, que d'eau sucrée et de thé pour obtenir leur régularisation, selon leur comité de soutien. Après une enfance heureuse en Rh™ne-Alpes, une adolescence tragique au Chili l'a convaincue de revenir en mai dernier en France o elle veut désormais faire sa vie. "En dépit du fait que l'Etat ne m'accepte pas, la France sera toujours mon pays car le Chili m'a trop fait souffrir", explique dans un franais limpide cette jeune femme brune. Tania ne peut pas obtenir légalement la nationalité franaise, ne pouvant justifier d'une scolarité en France entre 11 et 15 ans. Le rejet de sa demande de carte de séjour par la préfecture, doit tre prochainement examiné par le tribunal administratif. Après le coup d'Etat du général Pinochet en 1975, ses parents, militants socialistes, s'étaient enfuis du Chili pour l'Argentine o ils passèrent deux ans dans les ge™les du général Videla, avant d'obtenir l'asile politique en France. Tania, prénommé ainsi en hommage ˆ la compagne d'Ernesto Che Guevara, est née en 1979 ˆ Grenoble (Isère). Elle mène une scolarité normale ˆ Villeurbanne, près de Lyon, avec des "souvenirs familiaux et amicaux heureux" jusqu'ˆ l'‰ge de 11 ans. Des montagnes enneigées avec des sapins Sa mère, nostalgique de sa terre natale et soulagée par le référendum sur la succession de Pinochet, retourne vivre ˆ Santiago avec ses enfants en 1988. "Mon père, par contre, ne pouvait retourner dans son pays car il avait déserté en 1975", explique Tania. "Ma mère nous a parlé de ce +pays merveilleux+ et de la famille que nous allions revoir, se souvient-elle, précisant qu'elle répondait habituellement en franais ˆ sa mère qui lui parlait en espagnol. Au Chili, la famille chilienne accepte ces nouveaux arrivants, mais "comme des étrangers", selon elle. A l'école "c'était pareil". La jeune fille se remémore l'uniforme, le salut au drapeau et le rejet des autres bien illustré par cette anecdote: un dessin de montagnes enneigées avec des sapins, comme il y en dans les Alpes, lui vaut un zéro. Motif du professeur: "ici on est au Chili et la Cordillère des Andes n'a pas d'arbres". A la mort de son grand-père, Tania quitte l'école pour soutenir sa mère déprimée et son frère. Elle a 13 ans et elle s'occupe du restaurant familial. Très vite, elle "ne se sent plus capable d'assumer tout a". C'est le début d'une année d'errance dans la campagne chilienne o elle fait des menus travaux contre un toit et de la nourriture, dit-elle. Puis elle retourne vers les siens et travaille tout en poursuivant ses études le soir. Elle économise pour rejoindre la France et au printemps dernier, elle quitte Santiago, encouragée par sa mère. Accueillie par des amis franais dans le Rh™ne, elle souhaite faire des études de sociologie et vivre avec des papiers.


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