AFFAIRE AISSA IHICH COMMUNIQU DU MIB du 20/03/01

LA JUSTICE EN PROCS ! VERDICT DU PROCS : RELAXE POUR LE POLICIER LEFEVRE 10 MOIS AVEC SURSIS POUR MATHELIN ET BATTISTUTTA / 1 AN AVEC SURSIS POUR LE DR PEROL

 

Madame Ihich :"J'attends la justice, meme 10 ans apres..."

Les semaines qui suivent la mort d'Assa, beaucoup de monde est autour de la famille Ihich. Depuis 10 ans, ils se battent, souvent seul, contre la justice, la police, les avocats, les journalistes, contre les problemes quotidiens aussi...A quelques jours du proces, nous donnons la parole Madame Ihich et sa fille Sonia la soeur de Assa. Elles reviennent sur les faits, et nous expliquent leurs questions et leurs attentes.

Que s'est-il passe ce soir-l ?

Mme Ihich : Mon fils est rentre du travail, il a pose ses affaires et m'a dit qu'il partait la mosquee faire sa priere et apres voir un de ses copains. Je me suis couchee; Je me reveille 2h du matin, il n'etait toujours pas rentre. par la fentre, j'ai vu des bagarres avec la police. Je l'ai attendu jusqu'au matin. Son pere est parti le chercher mais il ne l'a pas trouve chez son copain. Comme il y avait eu des emeutes, son pere est parti au commissariat, au cas o. On lui a dit qu'Assa etait l mais qu'il ne pouvait pas le voir. Mon mari leur a explique qu'il etait en tres mauvaise sante et qu'il fallait lui donner son medicament. Les policiers lui ont repondu que ce n'etait pas la peine.Quand j'ai su que Assa avait ete arrte, je me suis dit qu'il allait ressortir tout de suite puisqu'il n'avait jamais eu aucun probleme avec la police. Vous savez, j'ai toujours appris mes enfants de gagner leur argent honntement, ils ont toujours travaille. Je faisais confiance la police, j'etais tranquille. Deux fois, mon mari est parti avec la Ventoline mais les policiers ne voulaient pas la prendre, sa soeur est mme partie au tribunal de Versailles pour lui donner son passage devant le juge A 13h le lundi, on m'a telephone en me demandant de venir vite au commissariat avec les medicaments. J'ai aussi apporte son carnet de sante. L bas, un jeune policier m'a regarde, mal l'aise. Ils m'ont fait sortir du commissariat, j'ai d taper sur la porte, crier que je voulais voir mon fils. J'ai vu le medecin sortir tranquillement du commissariat et parler avec des inspecteurs. Je sentais bien qu'il y avait un probleme. Finalement, je suis rentree et je suis montee l'etage o un inspecteur m'a demande de signer un papier. Quand j'ai commence lire, il m'a demande comment a se faisait que je savais lire. Il m'a dit aussi qu'on avait qu' ne pas faire autant d'enfants, comme des lapines. Je n'ai pas signe, j'ai redemande voir mon fils. Ils m'ont emenee dans plusieurs bureaux, personne ne me disait o etait Assa. Dans un bureau, un inspecteur a reu un coup de fil, il m'a regarde et a dit "je ne peux pas vous parler, la mere est ii". L, j'ai senti que mon fils etait mort. J'ai vu une voiture de pompiers qui sortait du commissariat. Des jeunes m'ont vu courir apres les pompiers et m'ont demande ce qu'il se passait. Je leur ai explique et ils se sont diriges l'interieur du commissariat. Quand ils ont vu les jeunes se rapprocher, les policers m'ont mis dans une voiture et on a suivi les pompiers. Je suis arrivee l'hpital mme pas 10 minutes apres les pompiers. L, un medecin est venu me voir apres quelques minutes pour me dire qu'Assa etait mort. Je suis rentree le voir. Il etait allonge sous un drap. Il avait du sang qui sortait du nez et de la bouche. Il avait des bosses comme des oeufs sur tout le cte gauche de la tte. Son corps etait couvert de marques de coups, surtout gauche, sur les ctes.Le corps etait plein de bleus. Vous savez, j'ai ete infirmiere, au Maroc et ii Argenteuil, je connais tout a. Si c'etait les marques de la reanimation, elles se trouvent sur la poitrine, vers le coeur, pas sur toutes les ctes. Et il etait tout froid. Je sais qu'il est mort au commissariat.

Comment a s'est passe les jours suivants?

La nouvelle s'est repandue. Dans les jours suivants, il y a beauoup de familles qui sont venues nous voir, des amis, des voisins. Aussi plein de journalistes, d'avocats, mme le premier ministre. Dans le quartier, les jeunes se rassemblaient devant chez nous ou devant le commissariat.

Et ensuite, vous avez ete soutenus ?

Mme Ihich : Pendant un an, beaucoup de familles et de voisins du quartier sont venus et nous ont aide dans la vie quotidienne. Mais beaucoup de ceux qui faisaient des promesses comme Edith Cresson ont disparu, on a rien vu venir de leur part, ils ne nous ont jamais aide dans les demarches, avec les juges...

Sonia : Je veux dire aussi que deux jours apres la mort de Assa, on a reu de nombreuses lettres de menace, des lettres racistes, des lettres de reproche comme quoi il n'avait pas tre dehors. Des coups de fil aussi qui disait : "Vous allez le ramener au Maroc en chameau"...De qui a vient, je ne sais pas, mais a faisait encore plus de souffrances supporter.

Que sont devenues les affaires de Assa ?

Sonia : le lundi matin, j'avais ete voir Assa au commissariat, je l'ai aperu. J'ai vu que son survtement (qu'il mettait pour la premiere fois), etait plein de sang et tout dechire. Plusieurs jours plus tard, je suis retournee l'hpital pour recuperer ses vtements. Une dame est venue me voir et m'a dit que quand le corps de mon frere est parti Garches, les vtements l'avaient suivi mais que quelqu'un de la police, apparemment haut place, a telephonne et a demande ce que les vtements soient brles. Aujourd'hui, on ne sait toujours pas ce que sont devenus ces vtements. Ce sont des pieces conviction qui prouvent la brutalite qu'a subi Assa. Le carnet de sante qui mentionnait l'asthme d'Assa a ete perdu lui aussi. Comme par enchantement, toutes les preuves ont disparu.

Aujourd'hui, 10 ans apres qu'attendez-vous de ce proces ?

Mme Ihich : J'attends la justice, mme 10 ans apres. Je ne recupererai jamais mon fils, mais je ne veux pas qu'une autre mere perde son enfant parce qu'il etait au mauvais endroit au mauvais moment. Vous savez, c'est vrai qu'il y a des policiers qui sont morts, et a me fait mal au coeur parce que je pense leur mere, leur famille, mais ce sont les risques du metier. Mon fils, c'est pas les risques du metier, il n'a tue personne, il n'avait rien fait, rien demande.

Sonia : Moi, j'attends que tous ceux qui du cte de la police, ont participe la mort de Assa, c'est--dire ceux qui l'ont frappe, ceux qui ont laisse faire, et le medecin Perol, que tous soient severement punis. Aujourd'hui, des jeunes eux sont severement punis quand malheureusement ils volent ou ils cassent, ils sont punis quand ils insultent un policier. Par contre, quand la police saccage une vie, nos vies, avec toutes les souffrances qui vont avec, ils n'ont rien. Ca c'est inadmissible. Apres mon frere, d'autres sont morts. Si on avait puni avant ceux qui ont tue Assa, on en serait peut-tre pas l aujourd'hui. Si ils ne sont jamais condamnes, ils recommenceront toujours. Aujourd'hui la police a tous les droits, ils menacent des gens, abusent de leur pouvoir, ils profitent que l'Etat leur laisse tout faire. Je parle peut-tre pas de tous les policiers mais malheureusement beaucoup sont comme a. Il faut que les coupables aillent en prison, qu'ils reflechissent sur ce qu'ils ont fait, sur leur sauvagerie. Assa pesait moins de 50 kg, ils se sont mis 5 sur lui coups de manches de pioche. Ce sont eux les delinquants. YOUSSEF KHAF A Mantes, il existe dej un Collectif Jeunes qui travaille avec le groupe Resistances des Banlieues (qui deviendra plus tard le MIB) et lutte pour plus de justice au Val Fourre. Apres la mort d'Assa, de nombreux jeunes se mobilisent, Youssef fait partie des plus actifs. Il interpelle la Mairie, prend la tte des manifestations, met en cause la police. Deux semaines plus tard, il est son tour tue par le policier Hiblot d'une balle dans la nuque. Apres, l aussi 10 ans de parodie de procedure, apres un non-lieu en 1998, apres la tentative du juge Charpier et de syndicats de police d'imposer le droit de tirer pour "etat de necessite", Hiblot va finalement passer devant une cour d'Assises cette annee Versailles. Son proces devra tre l'occasion d'une remise en cause du comportement de la police et de la justice dans nos quartiers, de leur usage des armes, de la legitime defense systematiquement decretee, mme quand on meurt d'une balle dans le dos...

AFFAIRE AISSA IHICH COMMUNIQU DU MIB du 20/03/01

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